Victime or not victime, c’est bien là, la question !

coronavirus violence conjugale victime
Partager l'article :

coronavirus violence conjugale victimeCette question, et ses conséquences en termes de comportement, constitue une véritable ligne de crête. Un exercice d’équilibriste qu’il convient de réussir pour non seulement s’en sortir après une relation d’emprise, en tant que victime, mais ensuite s’épanouir !

Après l’émission Crimes de Jean-Marc Morandini diffusée le 12/01/2021, je suis soulagée de voir les commentaires en ligne quant à la prestation, plus qu’étonnante, d’une avocate. Je ne souhaite pas polémiquer sur les faits de cette bien triste affaire. Où une femme ayant porté plainte à maintes reprises a finalement tiré un coup de fusil sur son compagnon violent.

Je souhaite, toutefois, revenir sur la phrase de l’avocate présente à l’émission. Pour elle, en citant plus ou moins ses propos, « tout adulte en situation d’emprise a la liberté de partir ». Autant dire que, cette avocate n’a probablement aucune connaissance des mécanismes de l’emprise ! Erosion de la confiance en soi, isolement progressif, emprise financière, chantage et menaces sur la vie du conjoint et sur les enfants.

Des années de torture psychologique.

Bref, des années de torture psychologique qui donnent l’impression qu’il est impossible d’en sortir. Même les thérapies de couple, menées souvent par des thérapeutes qui se laissent emporter par la version bien huilée du PN, sont finalement plus un coup de massue supplémentaire qu’une bouffée d’oxygène porteuse d’espoir.

Sans parler des conséquences sur la santé ! Notamment, cancers et maladies auto-immunes du fait de l’exposition prolongée au stress et au flot incessant de cortisol qui fait ses ravages discrètement. Comment partir quand on est hospitalisé, mutilé, handicapé physiquement, exsangue financièrement car le PN a tout prévu depuis longtemps.

Ces relations sont dites « abusives » ou « maltraitantes » ! Même s’il s’agit de la pire des maltraitances, celle qui ne se voit pas, sournoise. Si l’on parle de prédation pour en parler, c’est bien qu’il y a un prédateur et, une proie !

Alors oui, les personnes sous emprise sont victimes !

Sortir d’une relation en tant que victime.

Le problème ne réside pas dans le fait de reconnaître ou non ce statut de victime, le problème est d’en sortir sans pour autant l’oublier.

Il y a 4 ans, j’avais essayé d’apporter des éclairages venant de pays anglo-saxons sur des groupes Facebook de « Victimes de pervers narcissiques ». Poussée par un pragmatisme anglo-saxon assez salvateur, je cherchais toujours à proposer des pistes pour s’en sortir. J’avais essuyé un tollé des autres membres ou administrateurs ! Comme si s’accrocher à leur statut de victime était finalement tout ce qui leur restait et qu’ils défendaient bec et ongles.

Ces derniers mois, je suis revenue sur des groupes de victimes, animés bien souvent par des personnes qui ont eu ce parcours et qui l’ont dépassé, souvent en devenant thérapeutes eux-mêmes. Et, je me réjouis de voir que l’information disponible en français s’est considérablement accrue sur les réseaux sociaux. Puis, que la solidarité se double maintenant d’une réelle volonté d’en sortir.

En effet, si on reste dans le statut de victime, l’autre étant qualifié de méchant, nous perdons notre pouvoir personnel. Le pouvoir de guérir les anciennes blessures. Celles qui ont attiré ce genre de relations dans notre vie. En développement personnel, il est répété sans cesse que l’on ne peut changer l’autre, que les sujets où se porte notre attention se développent dans notre vie. Et, que toute expérience doit permettre d’évoluer vers une vie plus confortable. Alors, le statut de victime pèse comme un boulet que l’on traîne, et il convient de le transcender.

Le statut de victime.

Ce statut est essentiel cependant à deux moments ! Pour préparer et mener sa séparation dans ce qui est généralement une partie d’échecs. Où l’autre a toujours un coup d’avance car de son côté la fin de la relation était prévue dès le début (contrat de mariage, titulaire des comptes et des propriétés, répartition des fonctions dans le foyer…). A ce moment, il est crucial de demander réparation du préjudice subi (humiliations, contraintes, viols conjugaux, …) ! Mais, aussi des préjudices à venir (perte de niveau de vie, en particulier). De victime, il faut rapidement passer à bretteur, sans jamais baisser la garde.

Ensuite, il conviendra de se souvenir de ce statut de victime pour ne pas y retourner. Ceux qui ont vécu l’emprise savent combien de fois le syndrome de Stockholm risque de ramener vers l’ancien geôlier. Eprouvant une compassion pour ce pauvre hère. Et, addicte au soulagement que représentaient les brefs moments agréables au milieu du chaos. Il est essentiel d’anticiper que le PN tentera de renouer le lien. Pour mieux vous achever, et non pour mieux vous aimer. Alors, ne pas oublier qu’on a été victime mais, qu’on ne l’est plus !


Partager l'article :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.