Vaincre la dépendance affective – Chronique

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« vaincre la dépendance affective »

« Vaincre la dépendance affective » De Sylvie Tenenbaum, 2010, 336 pages.

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Bonne lecture ! 🙂


« Vaincre la dépendance affective » – Chronique


Partie 1 : Une pathologie du lien


Tous les êtres humains ont besoin de nourriture affective mais ce besoin ne dénote pas nécessairement d’une dépendance pathologique. Celle-ci n’existe que chez les individus affectivement carencés où on peut y voir des traits communs à la toxicomanie.

Car finalement, se noyer dans l’amour en devenant étranger à soi-même, c’est comme se noyer dans les drogues qui modifient les états de conscience.  L’autre au final n’est pas aimé pour ce qu’il est et il n’est finalement qu’un outil pour apaiser la détresse  et le manque d’amour vis-à-vis de soi. Aucun attachement durable ne peut donc survivre à une telle obessession.

Pour vaincre la dépendance affective, il est utile de comprendre de quoi il s’agit vraiment avant tout !


Plaire à tout prix

Les dépendants affectifs vivent avant tout pour plaire à tout prix et ils ne semblent qu’en quête de recevoir des compliments  ou obtenir de l’amour. Ils suppriment certains mots (ou expression) de leur vocabulaire : « Non » ; « Je ne peux pas » ; « Je ne suis pas d’accord » ou encore « Je n’en ai pas envie » (note : Si vous êtes du genre à vouloir éviter de dire ça, il est fort probable que vous cherchiez à plaire vous-même). Bref, ils vivent avant tout pour faire plaisir à l’autre ce qui signifient qu’ils sont sourd à leurs propres besoins, désirs et souhaits.

Les dépendants affectifs ont avant tout à souhait de maintenir l’image qu’ils veulent donner aux autres, c’est à dire gentille, généreuse, altruiste. Mais, leurs propres besoins finissent donc par être étouffés et le dépendant affectif n’étant jamais rassasié celui-ci demeurera toujours insatisfait par cette stratégie. Au final attirer l’attention sur soi permet d’éviter de pensées pour un temps qu’on ne vaut rien.

Recherche d’amour, d’approbation, de reconnaissance

Le dépendant affectif, quelque soit les sacrifices, cherchent avant tout à plaire et surtout à ne pas déplaire. Ils donnent de leurs temps, de leurs énergie, de leurs personnes… et dissimulent énormément leurs vrais émotions aux autres. Ainsi en se conformant au désirs des autres, ils cherchent avant tout à répondre à leurs propres besoins d’être aimé.

L’auteur rappel ensuite que la dépendance affective, ce n’est pas qu’un problème féminin. Les hommes sont tout autant touchés par ce problème.

Le dépendant affectif ne se demande pas lui-même ce qu’il éprouve pour les autres, il veut juste plaire (note : d’ailleurs qu’éprouvez-vous vraiment pour les autres de votre coté ?). Il peut aussi devenir un véritable bourreau de travail tant il se sent valoriser par ses activités quitte à prendre pour soi ce que ne veulent pas faire les autres.

Le piège du perfectionnisme

La perfection est un idéal donc peinent à se défaire les dépendants affectifs car pour eux l’imperfection, c’est prendre le risque d’être rejeté ou abandonné. Un tel idéal ne donne aucune permission et n’impose que des interdits et des devoirs. Cette quête de l’idéal fini par couper les dépendants affectifs de leurs véritables émotions. Ils ne s’expriment plus que pour répondre aux émotions des autres.

De plus, certaines personnes vont clamer haut et fort qu’elles n’ont besoin de personne et leur vie vont être faites de rupture successives. Les demandes de l’autre sont vécues comme des intrusions et l’expression de leur amour comme un frein à leur indépendance.  Une indépendance qu’elles défendent au prix de leur solitude.

La suradaptation au désir de l’autre

Les dépendants affectifs pensent que leurs idées n’intéressent personne voire risqueraient de heurter au point d’être rejeté. Ainsi, ils se suradaptent au désir de l’autre tels des enfants qui craignent de perdre l’amour de leurs parents. L’essentiel étant d’être apprécié voire admiré quitte à ce que se soit pour ce qu’ils ne sont pas ou que leurs actions vont à l’encontre de leurs valeurs. Ils leurs arrivent souvent de défendre ou d’affirmer des opinions qui ne sont pas les leurs… jusqu’à ne plus savoir ce qu’ils pensent vraiment.

Les dépendants affectifs perdent donc énormément en spontanéité, ils ne font avant tout plus que réagir. Ils portent des masques pour ne surtout pas déplair à l’autre et finissent par se construire un faux self. Ils se coupent de leur véritable personnalité.

Enfin, ils ne savent plus ce qu’ils ressentent vraiment en étant tellement soucieux de l’humeur des autres. Ils finissent par se raidir dans leur désir de maîtrise afin d’éviter le mot ou le geste maladroit. La soumission à l’autre est largement prioritaire et même dans leur sexualité.

Du rôle à la manipulation

Cette maîtrise implique aussi une certaine forme de manipulation. Le projet est avant tout de se faire aimer que se soit par la séduction, l’amabilité ou ma disponibilité. Derrière une extrème gentillesse se cache une certaine forme de manipulation car tous ces comportements ne sont pas désintéressés. Ainsi, enfoui dans l’inconscient, chaque action a pour but de rendre l’autre redevable.

Certains parlent même de malhonnêteté. Sourire malgré la colère, paraître intéressé par ce qui nous ennuie ou ne nous concerne pas,… se sont autant de comportement dont sont spécialiste les dépendants affectifs.


Le triangle infernal

C’est le triangle dramatique ou triangle de Karpman dont il est question ici et il semble adapté dans le cadre de la dépendance affective. Ainsi, ce triangle décrit un des « jeux psychologiques » où chaque joueur se place soit en tant que Persécuteur, Sauveur ou Victime. Le dépendant affectif peut ainsi lui-même jouer tour à tour les trois rôles. Jouer l’un des trois rôles permet d’obtenir des marques de reconnaissance qui donnent le sentiment d’exister.

Quand le dépendant affectif est un Sauveur

Le Sauveur s’approprie le problème de l’autre quelqu’il soit et le plus important est d’y trouver une solution. Lui saura quoi faire ou conseiller pour aider… et bien mieux que les autres. Le Sauveur est constamment inquiet pour la Victime et il en profite souuvent pour s’introduire dans la vie des autres.

L’objectif du Sauveur est, avant tout, de recevoir de la reconnaissance, de la gratitude ou de l’amour. Le Sauveur pense aussi que toutes personnes qui ont besoin d’aide sont incapable de résoudre par eux-mêmes leurs propres problèmes.

L’auteure brosse ensuite une situation où deux sauveurs vivent ensemble et en couple.

La Victime doit rester dans son rôle pour que le Sauveur puisse conserver son pouvoir sur elle. Le Sauveur a donc tout intérêt de choisir des Victimes qui désirent le rester et non une personne qui montre le désir de devenir autonome.

Quand le dépendant affectif est une « Victime »

Les Victimes poncutent leurs discours de diverses plaintes ou réclamations comme « Je n’en peux plus » ou « Je suis débordé ». Elles ne formulent pas non plus leur demande de façon directe, elles préferont dire qu’elles ont trop chaud plutôt que de demander si elles peuvent ouvrir la fenêtre.

La Victime se met souvent elle-même dans la situation qu’elle déplore, elle la provoque.

L’auteur brosse ensuite une situation où deux Victime vivent ensemble et en couple.

Quand le dépendant affectif est un « Bourreau »

Ce sont les allers-retours du Sauveur à la Victime  qui peuvent rendre la personne de plus en plus tyrannique. Comme le Sauveur, le Bourreau sait ce qui est bien ou juste pour l’autre mais il l’imposera avec force et autorité. Son discours s’accompagne souvent de critiques ou d’humiliation et il n’écoute pas, ne tient pas compte des émotions de l’autre.

Le Bourreau s’exprime souvent par la colère ou les leçons de morales très critiques, il désir ardemment prendre le contrôle des actes et des pensées de ses Victimes. D’ailleurs, il ne laisse à l’autre aucun choix que de se taire. Le Bourreau veut contrôler, et ça ne se discute pas.

L’auteure brosse ensuite une situation où deux Bourreaux vivent ensemble et en couple.


L’immaturité affective

« Seul l’autre peut me rendre heureux » : telle est la croyance profondément ancrée des dépendants affectifs. Il s’agit aussi de la définition de l’immaturité affective. L’attente d’un être qui se porterait garant de notre sécurité affective est quelque chose de normal quand on est enfant… Pas quand nous sommes en âge d’être indépendant.

L’immaturité affective est quelque chose de bien plus fréquent que l’on ne le pense. Même chez des individus tout à fait adultes dans d’autres domaines de leur vie. Elle se traduit souvent par des comportements possessifs ou exigeants.

La terreur de la solitude

Les dépendants affectifs ont une véritable peur de la solitude à tel point que leurs comportements sont dictés par l’évitement de cette solitude. Il est impensable de ne pas être relié à l’autre. Aujourd’hui, les outils de communication permettent justement de rester à chaque instant en contact pour combler cette angoisse du vide. Les dépendants affectifs ne trouvent d’intérêt à la vie que si un autre la rend attrayante.

Pour les dépendants affectifs il est toujours préférable de maintenir une relation, même destructrice plutôt que de vivre la solitude. C’est souvent le cas de personne qui sont très malheureuses dans leurs relations mais qui n’arrivent pas à y renoncer. Plus elles craignent la solitude et plus elles sont persuadées d’aimer. 

L’obsession des autres fait partie des caractéristiques des personnes trop dépendantes affectivement. Cette obsession de l’autre a pour objectif d’apaiser les inquiétudes à son propre sujet. Les autres sont aussi le sujet de conversation préféré des dépendants affectifs, tout ce qui concerne les autres les passionne. Et comme l’on n’a jamais vraiment fini de découvrir un être humain, cela peut durer éternellement.

Se perdre dans l’autre : la fusion

La fusion consiste à désirer se fondre dans l’autre et réciproquement, elle repousse l’angoisse de la séparation et permet de trouver une sécurité affective.

En se perdant dans l’autre, les personnes en recherche de fusion ont pour désir de mieux plaire, de mieux servir l’autre. Elles préférent la sécurité qu’offrent (de façon illusoire) la fusion plutôt que l’écoute et l’expression sincère de ce qu’elles sont.

La séparation a parfois ça de bon que la personne se rend compte à quel point sa dépendance à l’autre est pathologique. Il lui faut ainsi réapprendre à vivre en apprenant à exprimer ses désirs et envies.

Des attentes impossible à satisfaire

Les attentes des dépendants affectifs sont gigantesques et inadaptées et surtout impossible à satisfaire. Il s’agit d’un amour parental exigé qu’il est impossible d’avoir entre deux adultes. Ces attentes entraînent souvent frustrations, désillusions et déceptions.

Comment aimer l’autre si l’on ne s’aime pas soi-même ?

Les dépendants affectifs sont souvent en attente d’être aimés… sans parler d’offrir la réciproque. Il est admis que l’on ne peut aimer que si l’on s’aime suffisamment.

 (note : vous pouvez aller lire mon article S’aimer soi-même pour en savoir plus).

Les dépendants affectifs aiment seulement les parties d’une personne propre à combler leurs besoins. Les autres aspects de la personnalité étant méconnus ou, pire, à peine supportés.

Un être humain n’est pas un ensemble de rayonnages où l’on peut choisir chez lui ce qui nous convient.

Le besoin d’amour est tellement avide et insatiable que nul être au monde ne pourra jamais le satisfaire complètement.

L’immaturité affective est ainsi la cause de grands dommages émotionnels et relationnels. La terreur de l’isolement, le désir de fusion et les attentes impossible à satisfaire sont le lot commun de la vie douloureuse des dépendants affectifs. Pour vaincre la dépendance affective, il est important d’en prendre conscience.


Partie 2 : Un sentiment d’être vacillant


Comment devient-on dépendant affectif pathologique ?

L’essentiel des facteurs à l’origine de la dépendance affective s’installe dans le milieu familial. L’enfance dure longtemps et les émotion s’y gravent progressivement. Pour vaincre la dépendance affective, il est important d’explorer son enfance.

Histoires d’enfance

Ce qui se passe au cours de la vie intra-utérine n’est pas anodin, de ces premiers moments dépendra une grande part de la vie affective de l’être humain. Au cours de la grossesse, la communication est fondée uniquement sur les émotions. La naissance est gravée inconsciemment dans l’esprit de chacun. Selon comment celle-ci s’est passé, l’angoisse de l’abandon peut-être plus ou moins forte sur le reste de la vie.

L’indépendance de l’enfant se construit sur sa capacité à supporter les frustrations. Père et mère ont tous les deux un rôle important à jouer dans ce processus. L’absence du père peut entraîner de réels problèmes affectifs ainsi que la surprotection de la mère (scénario très présent).

Une trop grande séparation de l’enfant avec les parents peut aussi créer un terrain propice à la dépendance affective. De plus si l’un des deux parents est dépendant affectif son attachement à l’enfant ne sera pas sain et donnera ce modèle à l’enfant. Et, c’est sans parler des maltraitances ou problèmes d’addiction chez l’un des adultes qui peuvent créer de véritable problème à l’enfant.

Les années d’enfance sont souvent à l’origine de la dépendance affective et il ne faut pas faire l’impasse sur celle-ci pour comprendre sa propre dépendance. Il existe un grand nombre de facteurs qui peuvent entraîner une prédisposition à la dépendance affective.

Education et morale

Les méthodes éducatives évoluent mais les vertus enseignées aux enfants restent globalement les mêmes. L’égoïsme est l’un d’eux. Ainsi, il arrive qu’on martèle l’enfant à être un « enfant gentil », qui dit oui à tout et est d’humeur égale. Plus tard, quand il sera adulte, il ne saura pas ce qui peut lui faire plaisir. Il s’attachera à satisfaire le désir des autres.

Un enfant gentil n’a pas le droit de penser à lui ou de faire quelque chose pour lui. C’est « égoïste » de penser à soi. Ainsi, les parents s’octroient tous les droits sur leurs enfants alors qu’ils devraient accepter que leurs enfants sont des personnes à part entière.

La colère est une réaction à quelque chose qui ne nous plaît pas. Pourquoi en priver les enfants alors que les adultes ne se gênent pas pour l’utiliser ?

Les parents toxiques

Toute forme de lien chez ces derniers ne peut que provoquer de la peur. Avec eux, l’amour fait mal qu’on le donne ou qu’on le reçoive. Il existe différentes sortes de parents toxiques : Incapable d’assumer leurs responsabilités ou trop anxieux, par exemple.

Surtout, ils ignorent les besoins de leurs enfants et notamment les besoins affectifs. Le chantage affectif est donc à l’honneur dans ce type de famille où il peut exister des problèmes d’alcoolisme ou dysfonctionnement familiaux. Certains parents peuvent même se montrer manipulateur. Ce que les parents semblent ignorer, c’est que toutes les expériences vécues durant l’enfance reste gravées dans l’adulte.

Tellement d’émotions pénibles !

Les personnes souffrant d’une trop grande dépendance vivent une vie émotionnelle extrêmement pénible. Elles passent de l’anxiété à l’angoisse, ne s’aiment pas, la sérénité leur est étrangère,… Un grand nombre d’émotions toutes plus douloureuses les unes que les autres.

Le désamour de soi

Il s’agit d’un empêchement majeur de vivre heureux, comme si les critiques entendues dans l’enfance étaient justifiées. Un regard aimant et tout semble aller bien, un regard qui se détourne et tout va mal. La personne qui manque d’estime de soi s’observe à partir d’un miroir déformant. De plus si on s’avise de lui faire un compliment, elle le détourne pour le réduire à néant.

Toutes les formes de dépendance dénotent un mépris de soi. Le mépris de soi génère des comportements d’autodestruction.

Désamour et mépris de soi ne peuvent que générer de la dépression.

De la tristesse à la dépression

Les enfants dont la tristesse est plus ou moins chronique deviendront sans doute des adultes déprimés voire dépressifs. La tristesse est souvent lié aux réactions des parents qui donnent le sentiment de ne pas être aimé. Toute la vie du dépendant affectif est lié à la tristesse. Tristesse d’avoir le sentiment de tout donner et de ne rien recevoir.

Le corps s’exprime aussi, les grands dépendants affectifs sont très vulnérable aux maladies en tout genre.

De l’anxiété à l’angoisse

Les peurs des dépendants affectifs sont si nombreuses qu’elles peuvent provoquer des crises d’angoisses. Ces personnes ont, avant tout, peur des conflits ; des disputes ou mêmes de simples fâcheries. Peur de déplaire aussi. Et surtout, angoisse de la rupture, du rejet, du manque d’amour,…

De la frustration à la colère

L’accumulation de frustration en cherchant à plaire se transforme souvent en colère. Si les autres sont responsable de mon bonheur, ils sont aussi, logiquement, responsable de mon mal-être.

La contradiction entre accuser l’autre et rechercher son amour est à l’origine de nombreuses désillusions et de déceptions. Et dans ce cas la relation ne peut connaitre que des déboires, l’autre est constamment redevable vu que les efforts du dépendant affectif sont constants.

La culpabilité

Le sentiment de culpabilité est totalement infondé quand celui-ci se base sur les comportements d’enfance.  Il peut l’être quand nous sommes pleinement responsable de nos actes, en tant qu’adulte et notamment quand ont à nui à quelqu’un.

Chez les dépendants affectifs, l’auto-punition dépasse souvent le « crime » commis. La pire culpabilité que puisse connaître le dépendant affectif, c’est celui de la vie non-utilisé à cause de la dépendance à l’autre.

La codépendance

Cette appellation décrit toute personne se transformant eux-même en victime en portant secours à une personne dépendante et en devenant responsable de cette personne. De nombreuses personnes sont en effet attirés par des personnes qui vont mal car cela procure une sécurité affective dont il serait pénible de se priver.

Il y a chez les co-dépendants les mêmes symptômes psychiques et comportementaux des dépendants affectifs. De plus ces personnes auront très envie que l’autre ait toujours besoin d’eux, la séparation est inenvisageable.

Le besoin de contrôle

Le co-dépendant a besoin de contrôler le comportement de l’autre. La codépendance est un outil de pouvoir sur l’autre. De plus les co-dépendants adorent se mêler des affaires des autres.

Les couples de co-dépendants

La relation de couple est la combinaison idéale pour réunir deux co-dépendants.

Le refus de la réalité

Les dépendants affectifs se considèrent, même inconsciemment, comme des victimes impuissantes qui ont besoin des autres pour vivre. Ils n’imaginent pas que leur vie relationnelle dépend pour une grande partie d’eux. Ainsi, il est important qu’ils en prennent conscience afin de vaincre la dépendance affective.

Le déni de réalité

Le déni est le mécanisme de défense préférentiel des dépendants affectifs. Il consiste à refuser de regarder la réalité telle qu’elle est. Ce n’est pas une décision consciente.

La peur de déplaire ou cette de l’isolement les persuadent qu’ils ne peuvent rien faire pour diminuer leur détresse. Cette façon de se mentir à soi amène à adopter une attitude très passive.

L’égocentrisme

L’autre n’est pas aimé pour ce qu’il est mais par ce qu’il peut offrir au dépendant affectif. Il n’est pas pris en compte dans la démarche de marques d’amour par le dépendant affectif.

Avoir besoin, et non envie, d’aider les autres pour se donner le sentiment d’exister ce n’est pas de l’altruisme mais de l’égocentrisme.

Dépendance et responsabilité

Les dépendants affectifs entretiennent le déni quant à leurs responsabilités à l’égard de ce qu’ils vivent. Les manifestations d’autonomie recèle pour eux le danger de déplaire.


Partie 3 : Traiter la dépendance affective pathologique


Il est temps de passer à la partie qui est consacrée précisément à vaincre la dépendance affective !

Le rôle du psychothérapeute

Le thérapeute a avant tout le rôle de diagnostiquer les dépendants affectifs en laissant place à l’expression de leurs souffrances et de leur histoire de vie. Ce diagnostic n’est pas toujours simple à obtenir à cause du déni mais il est important pour vaincre la dépendance affective.

Toute émotion à un sens. Pouvoir identifier ses émotions, c’est déjà enlever quelques épaisseurs de brouillard dans la reconnaissance de la dépendance.

Le psy permet aussi de verbaliser les souvenirs, la mémorisation de ceux-ci est indispensable dans le processus thérapeutique pour vaincre la dépendance affective.

La thérapie permet souvent de retrouver goût à la vie et de vivre en fonction de soi et non plus des autres.

Sortir du déni

Admettre son état de dépendance est le premier pas à faire pour aller mieux et ainsi vaincre la dépendance affective.

Revisiter ses croyances

Nos croyances constituent notre squelette psychique et elles s’installent pour grande part dans notre enfance. La croyance crée le besoin et s’appuie sur lui pour se confirmer voire se renforcer.

Les croyances importantes s’installent souvent à la suite d’une expérience forte. Le travail consiste à tirer de nouvelles interprétations de ces expériences si celle-ci sont négatives.

La perfection n’existe pas et la chercher, comme le font bon nombre de dépendants affectifs, est un leurre, un poison pour leurs vies. Et bien entendu, nous ne pouvons pas plaire à tout le monde comme tout le monde ne nous plaît pas.

Dans tout les, il faut se dire que nous avons le droit de vivre pour soi et avec les autres (et non pas pour les autres).

Retrouver ses émotions

Pouvoir exprimer ses émotions, c’est aussi être capable de renouer des liens avec son authenticité. De plus, les émotions ne sont jamais fausses, elles décrivent réellement ce que nous ressentons.

Le travail thérapeutique permet de sortir toute ces émotions refoulées.

Comprendre ses comportements

La psychothérapie peut aider à comprendre nos comportements et, surtout, l’impact de ces derniers dans notre vie.

Les comportements sont ancrés depuis le plus jeune âge et les comprendre permet de sortir du faux-self que tout dépendant affectif se construit.

Chaque comportement à une raison d’être mais le bénéfice n’est pas toujours au rendez-vous, surtout quand les attentes sont vaines.

Apprendre à mieux se connaître

Faire connaissance avec le vrai soi est le seul antidote au désamour de soi. Pour celà, il convient de se poser deux questions : « Qui suis-je ? » et « Qu’est-ce que je veux ? »

Il est aussi utile de savoir énoncer clairement ce que l’on ne veut plus, ce qui fait trop mal pour vaincre la dépendance affective.

Réparer son enfance

Réparer son enfance consiste à retrouver l’enfant en soi afin de penser les blessures vécues à cette période de la vie. Pour vaincre la dépendance affective, il est important de guérir de ces blessures passées.

Il convient en premier lieu d’intégrer l’idée que notre mission de vie en tant qu’être humain n’est pas de contenter constamment nos parents. Il faut prendre de la distance vis-à-vis d’eux.

Assumer sa vie émotionnelle

Les dépendants affectifs craignent les émotions au point de les renier. Il faut, donc, avant tout chercher à reprendre contact avec nos propres émotions.

Puis, par la suite il faut chercher à assumer nos émotions, qui sont une composante totalement humaine. Ne pas assumer nos émotions engendre sur le long terme : dépression, insomnies, somatisations en tout genre.

Construire des frontières intérieures

La dépendance affective dénote d’un gros problème de frontières intérieures. Il s’agit soit de murs trop épais ou d’absence de frontières qui limitent toutes les composantes de l’être humain.

Il peut exister un manque de frontières entre les différentes périodes de vie (enfance, adolescence, adulte… ex : ce que j’ai vécu dans le passé recommencera forcément dans le futur) ; Entre les différents domaines de la vie (ex : confondre le besoin sexuel et affectif).

Pour aider à construire de bonnes frontières, il est possible de rattacher chaque domaine à une image. Puis, imaginer les frontières elles-même sous forme de fenêtres ou porte… des frontières qui peuvent s’ouvrir.

Développer l’estime de soi

Au cours de la reconnexion avec soi, le sentiment d’impuissance diminue et l’on se découvre de nombreux talents.

Le bonheur des autres, s’il peut continuer à faire partie des préoccupations, n’est plus une obsession. La spontanéité reprend ses droits. Mais surtout, avec le temps, ont redécouvre le plaisir d’être seul.

Ces idées peuvent s’intégrer intellectuellement facilement mais elles ne s’acquièrent pas en un jour.

Pour s’aimer soi-même, il est indispensable de se comporter de manière à s’admirer soi-même.

Construire une meilleure vie relationnelle

Ayant renoncé à leur propre perfection, les dépendants affectifs apprennent à accepter l’imperfection des autres.

Les renoncements nécessaires

Pour vaincre la dépendance affective, il est important de renoncer à quelques croyances.

Il est impossible qu’une personne que l’on aiment nous comprennent totalement. Il est possible de demander des conseils pour être aiguillé mais c’est nous qui agissons, pensons et ressentons.

Une autre illusion est à abandonner pour vaincre la dépendance affective : celle de croire qu’il suffit de se sacrifier à l’autre pour recevoir de l’amour en échange. Ou encore le désir d’avoir le contrôle total sur autrui.

Savoir se contrôler pour vivre avec les autres de façon « civilisée » est une chose. Mais, le faire à l’extrême pour parvenir au contrôle total de soi n’est pas nécessaire.

Il convient aussi de renoncer aux attentes impossibles à satisfaire.

Au final, le renoncement le plus douloureux est celui de plaire car celui-ci débouche sur la peur d’être moins aimé.

Construire des frontières extérieures

La colère est en bon indicateur d’intrusion dans notre espace (physique ou psychique). Le but des frontières est d’éviter de se laisser submerger par les émotions des autres ou d’éviter des situations dangereuses.

De plus, comment affirmer que l’on aime quelqu’un quand on veut lui imposer une idée car toute forme de contrôle sur l’autre est intrusive.

Protéger son territoire consiste aussi à expliquer aux personnes qui nous sont proches que nos envies de solitudes ou de silence sont voulues et ne sont pas des « bouderies » ou de la mauvaise humeur.

Il faut au final bien délimiter ce qui nous appartient et ce qui appartient à l’autre (les problèmes, les émotions, les territoires,…).

Vers la maturité affective

Ainsi, nous arrivons à la dernière étape pour vaincre la dépendance affective !

Accepter la responsabilité de sa vie

Le propre d’un individu adulte est de savoir se prendre en charge, d’assumer ses pensées, désirs et émotions. D’assumer ses comportements et bien sûr leurs conséquences tant sur lui-même que sur les autres. Ainsi, cela implique d’accorder la même liberté d’être que celle dont nous avons aussi le droit.

Prendre la responsabilité de sa vie, c’est décider de dépendre de soi-même tout en respectant autrui.

Se montrer responsable, c’est aussi accepter de devenir autonome vis-à-vis des figures d’autorité et en particulier celle des parents.

Oser l’amour authentique

Une rencontre authentique implique d’avoir renoncé au contrôle de l’autre et à son « utilisation ». De se montrer comme tel que l’on est mais aussi de se montrer curieux de l’autre.

Par quoi est constitué l’amour authentique ?

De sentiment d’amour qui est le socle de la relation. De respect de soi et de l’autre et dans tous les domaines. Puis de la confiance qui autorise ainsi le dévoilement de soi. D’aide qui permettent de donner du réconfort, du soutien et de la consolation.

Et encore bien d’autre comme la compassion, l’envie de donner, la réciprocité, l’enthousiasme,…


Bilan du livre « Vaincre la dépendance affective »


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Ce livre est une véritable richesse pour comprendre la dépendance affective. Il peut s’agir d’un bon point de départ à celui ou celle qui veut faire la démarche d’aller mieux. De plus, les nombreux témoignages qui parcourent le livre permettent de vraiment se plonger dans celui-ci afin de mieux se comprendre. De plus, la bibliographie en fin de livre permet de prolonger vos recherches sur le sujet.

Un petit point faible néanmoins, c’est la redondance de certaines informations. La longueur du livre peux aussi en rebuter certains. Mais, dans tout les cas, le livre se lit très facilement et à un style d’écriture très agréable.

Ce livre est donc vraiment très intéressant à lire pour sortir de la dépendance affective. Il permet de vraiment comprendre ce qui en découle. Et comprendre, c’est le premier pas pour aller mieux.


Points forts :

  • Beaucoup d’informations, très riche.
  • Les témoignages qui sont présent tout le long du livre.
  • Un style d’écriture très agréable.
  • Une très bonne base pour commencer à comprendre et surtout vaincre la dépendance affective !

Points faibles :

  • Parfois assez redondant.
  • Un peu long à certains moments.

Ma note : 8/10


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