La dépendance affective : qu’est-ce que c’est ?

Avant de chercher à savoir comment sortir de la dépendance affective, regardons ensemble ce que ça implique vraiment. C’est une question plus compliquée qu’il n’y paraît et il n’est pas rare de confondre amour et dépendance à l’autre. Et au final est-ce si grave d’être dépendant ? Nous allons voir tout ça ensemble à travers ce cours article (qui ne sera pas vraiment cours en faites 😉 ).

Avant toute chose, il est utile de rappeler que l’amour c’est vivre avec l’autre. La dépendance affective se serait plutôt vivre par rapport ou contre l’autre. Mais, il ne s’agit ici que d’un constat général.

Avant de commencer à lire ce qui suit, il est important que vous sachiez qu’il va falloir faire preuve d’une grande honnêteté avec vous-même. Être dépendant, ce n’est pas agréable, ça fait parfois souffrir mais pour pouvoir en sortir, il faut aussi savoir s’avouer que l’on peut être responsable de cet état.

Note : Cette page est avant tout là pour vous aider à vous interroger sur votre propre dépendance affective. Les idées pour s’en sortir sont mis en avant plus en détails dans les différents articles de ce blog.

L’origine de la dépendance affective.

Pour commencer, il est utile de faire un petit tour dans votre passé. C’est souvent là que se trouve l’origine même de la dépendance affective. Enfant, vous ne manquiez peut-être de rien d’un point de vue matériel mais il n’est pas impossible, si vous êtes arrivé là, que vous ayez manqué d’affection.

Peut-être vous êtes vous senti délaissez par un de vos parents ou les deux. Il se peut que vos propres parents n’aient pas reçu une affection suffisante non plus, ou alors qu’ils aient étaient trop occupés par leur travails pour s’occuper de vous correctement. Si c’est le cas, il se peut que ce soit le point de départ de votre dépendance affective.

Quelques phrases types que vous avez pu entendre plus jeune :

  • « Laisse ta mère tranquille, elle a eu une journée épuisante. »
  • « Sois gentil et laisse nous tranquille. »
  • « On verra ça plus tard. » ou « Va demander à quelqu’un d’autre. » (en posant une question à vos parents).

Si ce genre de phrase, avec l’attitude un peu froide et détaché qui va avec, se répète, il se peut que vous ayez intégré qu’il faut prendre en compte les besoins des autres, et ne pas satisfaire vos propres envies. C’est un point de départ possible.

Dans tous les cas, il est utile de réfléchir à votre propre passé. Il entre certainement en jeu dans votre dépendance affective actuelle. Pour cela vous pouvez faire une introspection par exemple (j’en parle dans cet article : https://dependance-affective.fr/introspection).

La place des émotions : un excellent indicateur de notre propre état.

Les émotions jouent un grand rôle dans la reconnaissance de la dépendance affective. Apprennez à observer vos propres émotions pour vous comprendre. Voici quelques pistes qui pourront vous aider.

Vous arrive-t-il de réagir dans l’excès dans certaines situations ? Certaines situations peuvent entrainer un repli sur soi ou faire ressentir un sentiment de trahison, d’abandon. Si cela vous arrive, il est peut-être utile de vous demander, quand est-ce que ça m’arrive et pourquoi je ressens ça ? Il peut s’agir d’un signe d’immaturité affective ou d’une blessure. Dans tous les cas, voir les situations, les relations soient toutes blanches, soient toutes noires, ce n’est pas anodin et il faut y réfléchir en étant honnête avec soi-même.

Dans votre rapport aux autres, vous arrive-t-il de rendre les autres responsables de votre bonheur ? Quand vous êtes malheureux, c’est toujours la faute de quelqu’un. Quand vous êtes heureux, c’est souvent quand vous êtes entouré d’autres personnes, vous n’arrivez pas à vous sentir bien seul. Ou au contraire, vous vous fermez à toutes relations. Dans ce cas il faut chercher à se demander les raisons qui conduisent à penser ainsi.

La culpabilité est souvent ressentie par une personne dépendante affective. Vous arrive-t-il de vous sentir mal en fonction de comment se sentent les autres personnes autour de vous ? De penser que c’est de votre faute si une personne va mal, est en colère ou triste ?

L’hypersensibilité, une composante de la dépendance affective.

C’est une question qu’il peut être très utile de se poser : quel est votre niveau d’hypersensibilité ? Dans la dépendance affective il n’est pas rare que les émotions soient ressenties fortement dans diverses situations, rattaché ou non à une relation. Voici quelques petites questions pour vous aider à vous interroger sur votre niveau d’hypersensibilité :

  • Devant un film : vous arrive-t-il de pleurer à la moindre scène un peu bouleversante ? Ou au contraire de rester de marbre devant les scènes les plus tristes. (Note : Personnellement, je peux pleurer plusieurs heures à la suite d’une scène qui me bouleverse, et je lâche toujours des larmes devant des scènes qui peuvent paraître banal aux yeux de beaucoup de monde, c’est une des raisons pour laquelle j’évite de regarder des films avec d’autres personnes 🙂 ).
  • Face à la critique : vous arrive-t-il de le prendre personnellement au point de laisser tomber un projet dès la moindre petite remarque négative envers votre travail ? Ou de vous mettre en colère ?
  • Les séparations : vous font-elles du mal au point de vouloir vous faire du mal ?

Ce n’est ici que quelques points et je vous encourage vivement à y réfléchir, l’hypersensibilité prend énormément de forme et on réagit tous différemment face à elle. (Note : ce n’est pas parce que nous sommes hypersensibles que nous sommes dépendants affectifs, l’inverse est souvent vrai).

L’anxiété : le meilleur ennemi du dépendant affectif.

La peur d’être seul qu’elle soit consciente ou non est un signe de dépendance. Êtes-vous souvent accroché à votre smartphone ou un participant actif à de nombreux sites, forums en négligeant le reste ? Arrivez-vous à sortir seul que ce soit pour aller au cinéma ou à un musée par exemple ? Ce sont des signes qui peuvent montrer que vous retrouver seul avec vous-même vous fait peur. Demandez-vous aussi quelle place prend les réseaux sociaux dans votre vie.

La peur du désaccord est une composante très forte de la dépendance affective. Le moindre désaccord est vécu comme dramatique. Il entraîne le sentiment qu’on ne nous aime plus. En une seule question : Savez-vous dire non ? Est-ce que vous avez peur de refuser une demande de peur de blesser ou de peur d’un conflit ? Vous arrive-t-il d’accepter des demandes alors que vous êtes déjà bien occupé dans votre vie ? Les dépendants affectifs sont prêts à accepter énormément de choses par peur de décevoir l’autre. C’est aussi un signe que vous ne faites pas attention à vos besoins.

Enfin êtes-vous sujet à l’anxiété sociale ou à la phobie sociale ? La peur du contact social avec d’autres personnes peut être un signe complémentaire à votre utilisation des réseaux sociaux. Il est plus facile d’aller vers les autres derrière notre écran. Voyez-vous l’avenir d’une façon toujours négative (« si je vais lui parler, il va forcément me rejeter ! ») ?

Êtes-vous un « comme tu veux » ?

Un autre signe important de la dépendance affective, c’est notre propre rapport à nos besoins. Assumez-les vous pleinement en disant clairement ce que vous voulez ? Ou au contraire vous n’osez pas dire ce que vous souhaitez vraiment.

« Comme tu veux », c’est le genre de phrase qu’il nous arrive de sortir assez souvent quand l’on nous demande ce que l’on a envie de faire. Dans ce cas, on met entre les mains des autres, le pouvoir de choisir ce qui est bon pour nous. Et ça va souvent de pair avec un mal-être de ne pas avoir pu faire ce que vous vouliez vraiment ou d’en vouloir à l’autre de ne pas avoir deviné ce que l’on souhaitez.

Au final, nous ne sommes jamais vraiment satisfaits de ce que l’on nous donne, car nous n’avons pas la force de demander clairement ce que l’on souhaite vraiment. Cela peut entrainer une insatisfaction chronique. Insatisfaction qui peut vous amener à parfois avoir des comportements destructeurs ou des pensées dur envers les autres. En tant que dépendant affectif, il arrive souvent que nous passions d’une admiration totale envers l’autre à des pensées très négatives car le sentiment qu’il n’est jamais là pour nous malgré tout ce que l’on fait pour lui prend le dessus.

La dépendance affective est-ce que c’est si mal que ça au final ?

Il y a des situations où vous pouvez vivre en fonction de l’autre mais tout en vous sentant libre de faire ce que vous souhaitez. Derrière l’amour, il peut y avoir une certaine forme de dépendance à l’autre mais une dépendance qui ne fait pas mal. C’est sans doute ça le principal, si vous êtes arrivé là, c’est que votre dépendance vous fait mal et que vous voulez vous en sortir.

Donc oui la dépendance c’est mal si ça vous fait mal. Au contraire, si votre bonheur dépend d’une personne mais que votre vie ne dépend que de vous, il n’est pas impossible que vous ayez atteint un bon équilibre dans votre relation.

Ce qui est important, c’est avant tout votre ressenti, si ça ne va pas ou que vous sentez que quelque chose cloche, c’est, je crois, le critère principal pour savoir si vous être trop dépendant ou non. Cela demande énormément d’honnêteté envers soi-même mais c’est un premier pas essentiel pour aller mieux.


Quelques précisions sur cette page :

Comme dit plus haut, cette page est loin d’être aujourd’hui complète. Je l’enrichirai au fur et à mesure de mes recherches et de vos retours (du coup n’hésitez pas à réagir à cet article, c’est important pour nous aider entre nous). Les dates de mises à jour de l’article seront indiqués tout en bas de celui-ci.

Pour approfondir le sujet, je peux vous conseiller certains livres. La lecture a été très importante dans mon processus de guérison et je vous conseille de lire quelques livres, souvent beaucoup plus complet que mon propre site par exemple. Je mettrai en place prochainement une section dédiée à des chroniques de mes propres lectures.

Article mis à jour le : 8 Juin 2017